"Moi : Je suis séropositive.
Gus : … Et c’est pas un peu mettre en danger les autres ça ?
Moi : Quand tu es serveuse, tu tiens à ce que tes clients ne dansent pas la Macaréna en plein milieu du restaurant, là je tiens à ce que mes clients mettent ce qu’il faut. Enfin toujours est-il que d’ici quelques mois, quelques années tout au plus, je ne serais plus là. Et je veux continuer à vivre à ma façon.
Gus : C’est une noble cause, mais si tu n’as aucun proche, comment feras-tu ?
Moi : J’ai toujours mes clients, les habitués. Eux, ils se demanderont où je suis passée et je leur manquerait. Ca ne viendra pas de leur cœur, mais je vivrais d’une certaine façon. Mais cessons de parler de moi, parlons de toi.
Gus : Y a rien de très intéressant à dire. Gustav, allemand, 19 ans et toutes ses dents, batteur de profession dans une vie de luxe sans problème.
Moi : Sans problèmes ?
Gus : Parents mariés qui s’aiment encore, bonne ambiance à la maison. Une sœur indépendante super jolie et un beau-frère super marrant. Grands-mères attachantes, bien qu’un peu collantes sur les bords. Elles me voient comme un petit garçon encore, bien que je sois un peu le roi quand je vais chez elles. Je prends des vacances tous les ans et même plus si je peux, j’aime jouer de la batterie en public mais pas parler aux journalistes qui nous posent toujours les mêmes questions. Trois ans sans copine sérieuse. Tu vois, je m’en sors pas mal.
Moi : J’ai jamais dit que ma situation me déplaisait ! C’est pas celle que j’aurais choisit d’abord, mais il en est ainsi. J’avance maintenant.
Gus : Comment fais-tu pour garder autant d’optimisme ?
Moi : Je ne sais pas, je dois êtes trop naïve.
Gus : Remarque, il vaut mieux ça que de broyer du noir tout le temps. Et si jamais tu gagnes plus assez pour manger et payer ton loyer, tu feras quoi ?
Moi : Si jamais mes clients ne venaient plus, je crois que je partirais…Juste histoire de voyager, dépenser le peu de sous qu’il me reste à sauter de train en train sans vraiment savoir où je vais, visiter des endroits tous plus différents les uns des autres, et voir jusqu’où la vie me permet d’aller.
Gus : C’est super beau comme envie ça ! Mais en tout cas si un jour tu sais pas où aller et que t’es vraiment perdue, tu peux venir ici.
Moi : C’est gentil, j’y penserais.
Gus : Ce qui veut dire que tu ne le feras pas…
Moi : Non xD »
On se mit à rire. La porte s’ouvre et les garçons nous regardent fixement. On ne s’en aperçoit qu’une fois notre rire cessé. Ils font des têtes terribles. Forcément, ils pensaient sans doute nous trouver dans toute autre circonstance, toute autre position aussi…
«Tom : Depuis quand t’es l’ami des putes toi ?
Moi : Bon ben je vais y aller…
Gus : Non. Tu restes. Tom, ta gueule.
Georg : C’est vrai Tom putain tu peux pas te la fermer !
Tom : Elle a dû entendre bien pire, va !
Moi : C’est rien de le dire…Bref, de toute façon je dois bosser.
Bill : Parce que t’appelles ça un travail, toi ?
Moi : Et se contenter de pousser la chansonnette dans un micro, t’appelles ça un travail difficile toi ???
Bill : >.<
Georg : Ah ça, tu l’as cherché.
Moi : Bon, j’y vais. »
Je sors de la chambre, et tente de dépasser le seuil de la porte de la maison mais on me retient par le bras.
« Gus : Je te ramène, peut-être ?
Moi : Bonne idée… »
Nous montons donc dans la voiture, et il me ramène. Avant que je ne descende de la voiture :
« Gus : Tiens, prends ça. Demain à 15h, café rue du Jonc.
Moi : J’y serais, merci. »
Je prend l’argent et finis ma soirée. Le lendemain à 15h, je suis au rendez-vous. Je le vois à une table du fond, et le rejoint.
« Moi : Salut !
Gus : Salut ! Et ben t’es mieux habillée comme ça.
Moi : Merci. Désolé pour hier soir, je pensais pas déranger.
Gus : C’est moi qui t’ai fait venir, c’est moi qui suis désolé.
Moi : Pourquoi tu m’as demandé de venir ici ?
Gus : Je ne sais pas pourquoi, mais tu m’intrigues. J’ai envie de te connaître.
Moi : T’es bien la première personne qui me dit ça .
Gus : Je m’en doutes un peu. T’as quoi à la joue ?
Moi : Accident de travail.
Gus : oO ??? Mais encore ?
Moi : Un bouffon qui voulait qu’on en fasse plus, mais pas payer plus.
Gus : Ca t’arrive souvent ?
Moi : Assez fréquemment je dirais.
Gus : Ah oui, j’ai des excuses écrites de Tom aussi. D’habitude il est plus…accueillant.
Moi : Laisses, j’en ai pas besoin de ses excuses. Je lui en veux pas.
Gus : Ce soir on fait un espèce de gala de vieux bourges, avec les garçons on s’est dit que si t’avais des amies…du même métier que toi dirons-nous, ce serait bien que vous soyez nos cavalières.
Moi : Ma seule amie du métier est morte, avant-hier.
Gus :Oh…désolé. Mais toi, tu peux venir ?
Moi : J’ai vraiment rien à me mettre qui fasse vieux bourge.
Gus : Mais non tu viens avec une robe, peu importe.
Moi : Ca je dois avoir.
Gus :Je suis désolé, j’ai du dire aux autres que tu savais qui nous sommes pour ça. Passes ton adresse.
Moi(l’écrivant sur une serviette) : C’est pas grave. Tiens.
Gus : On passe te prendre à huit heures.
Moi : Ok, merci.
Gus : A toute à l’heure. »
Je rentres chez moi et attend patiemment huit heure. A huit heure et quart, parce qu’on sait que toute star qui se respecte n’arrive pas à l’heure, ils sont en bas. Je descends, monte dans l’espèce de gros van et m’assois.
« Moi : Coucou tout le monde !
Tous : Salut !
Moi : Ca va la robe ça fait pas un peu trop…un peu trop moi ?
Gus : Mais non c’est parfait.
Bill : Faut qu’on t’explique. Comme on nous a forcé à y aller, il faut faire tout le contraire que se conduire bien.
Moi : Ah ben ça je sais faire !
Georg : Tant mieux. Soyons de vrais mal élevés. »
Arrivés là-bas, nous rentrons dans la grande salle et ils commencent à se demander comment faire pour mal se tenir. Moi, c’est mon domaine. Je le fais souvent quand je vais chez des gens que je n’apprécie pas, notamment dans les réunions d’anciens élèves où ils me regardent tous de travers.
« Bill : Faut vraiment leur pourrir la soirée !
Moi : J’ai des tas d’idées si vous voulez !
Georg : On est toute ouïe.
Moi : Pour commencer, quelle est la chose qu’ils apprécieront le plus ici ce soir ?
Bill : L’alcool !
Gus : Balancer sur les autres !
Georg : Le buffet à volonté !
Moi : Ces trois-là, exactement. C’est donc là que nous ciblons notre mauvais comportement. Bill, bois tout l’alcool possible ou, du moins, fait bien semblant. Georg, tu manges tout ce que tu peux, quitte à en gerber sur les autres. Tom et Gustav, venez avec moi. »
Ils obéissent. C’est vrai que Tom n’a pas dit un mot de la soirée, mais il doit juste mater en silence ce qu’il se passe. Nous nous plaçons en évidence, bien à la vue de tout ce monde.
« Moi : Le principe est simple. Un des deux va me présenter comme sa cavalière, et les gens me verront flirter avec l’autre.
Gus : Je fais le pauvre cavalier malheureux !
Moi : C’est ce qui sera le plus crédible.
Tom : T’es sûre que c’est une bonne idée ? Ca te déranges pas ?
Moi : Entre bosser et foutre un bordel monstre ici, je préfères de loin être là ! Allez, c’est parti. »
Gustav me présente aux plus importantes personnes ici, et c’est à Tom de faire son entrée. Gustav va se servir un truc à boire, et nous nous montrons en train de flirter. Les gens font de ces têtes, c’est super amusant. Gustav revient, et nous faisons comme si de rien n’était.
« Gus : Ca a marché ?
Moi : A merveille, mais ce n’est que le début. Il faut attendre que Bill et Georg vomissent partout pour que ce soit vraiment drôle.
Tom : Et en attendant, on fait quoi ?
Moi : En attendant, on doit trouver autre chose. Ces gens ont bien des enfants ?
Gus : oui, ils sont dans une pièce à côté pour ne pas perturber la soirée.
Moi : Parfait, alors il faut tout faire pour qu’ils désobéissent à leurs parents.
Tom : Ce ne sera pas facile je pense.
Moi : Crois-moi, ce sera vite fait. »
Nous allons dans la pièce des enfants. J’ouvre grand la porte et crie un grand : « Les enfants ! Récréation ! Buffet à volonté ! Mettez de la musique pour qu’on s’amuse ! ». Ils se précipitent dans la salle et mettent un désordre monstre. Je regarde, satisfaite, l’étendue des dégâts. Georg continue à s’empiffrer, devant les regards indignés des gens. Bill est déjà bien joyeux et commence à chanter et danser à tout va. Peu de temps après, ils se font jeter dehors pour vomissements intempestifs et nous les rejoignons à l’extérieur.
« Moi : En moins de deux heures on s’est fait jeter dehors, trop fière de moi.
Gus : Carrément !
Moi : Bon ben maintenant que ma mission est terminée, je vais rentrer.
Tom : Ben non, t’as qu’à venir avec nous.
Moi : Pour faire quoi ?
Tom : *pas de pensées perverses, concentres-toi* boire un coup, discuter…
Moi : C’est d’accord ! »
Voilà un LONG chapitre 4 !!!
Désolé je ne savais pas comment le découper autrement, j'ai préféré qu'ils aient fini l'action =)
J'espère que ça ne vous fait pas trop de lecture ^.^'
Bon ben voilà, pour la suite j'ai remarqué un certain relâchement dans les com's donc j'attends de vous un peu de persévérance et surtout beaucoup de com's =D !!!
Bisous
Doo'